THE BELLS OF DEATH

Titre: Duo hun ling
ou: Bells of Death
Réalisateur: Griffin Yueh
Interprètes: Chang Yi

 

Ku Feng
Lam Kau
Wu Ma
Paul Chiang
 
 
Année: 1968
Genre: Wu Xia Pian
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

70%

Résumé:

Un jeune homme dont la famille a été massacrée apprend les arts martiaux et parcourt la Chine pour retrouver les trois assassins.

Critique:

BELLS OF DEATH est un intéressant Wu Xia Pian qui s'inspire évidemment du Western italien mais parvient à maintenir l'intérêt. L'intrigue, elle, n'est pas vraiment originale et on peut même affirmer qu'elle constitue aujourd'hui un des scénarios les plus classiques du genre. Nous trouvons donc un jeune homme dont la famille a été massacrée par trois crapules. Après avoir appris les arts martiaux, notre homme parcourt les routes, décidé à se venger, annonçant sa venue par le tintement des clochettes d'un bracelet ayant appartenu à sa mère assassinée.

BELLS OF DEATH est un film assez court (moins d'une heure trente) qui va droit à l'essentiel. Ainsi nous ne verrons pas l'apprentissage du héros aux techniques martiales, une étape pourtant souvent largement détaillée dans les métrages ultérieurs. Griffin Yeuh, quoique cinéaste vétéran, n'avait pas souvent abordé le genre Wu Xia et livre quelque beaux passages, dont quelques plans d'inspiration "Leone" au cours desquels les adversaires se mesurent du regard avant de s'affronter. La mise en scène est efficace et même maîtrisée, que ce soit dans les passages calmes ou les (nombreux) combats plutôt réussis compte tenu de l'époque.

Les divers affrontements parviennent en effet à se montrer soignés et innovants, en particulier celui situé dans le temple où les combattants ne doivent pas faire tomber les bougies placées sur la lame de leur épée. Chang Yi, l'acteur principal, se la joue un peu pistolero de l'Ouest, bien sûr, mais livre une performance assez impliquée, dans un style tout en retenue et en sobriété. Nous sommes donc clairement dans la lignée de l'Homme sans Nom et de ces pistolero taciturne motivé par une vengeance demandant à être accomplie dans le sang. Ce n'est sans doute pas exceptionnel mais, dans le cadre de ce film, le jeu somme toute limité de Chang Yi passe plutôt bien. Le métrage reste dans les limites du crédible et se veut réaliste, sauf lorsque le héros rassemble son énergie interne et projette des feuilles sur ses ennemis avec une force suffisante pour les blesser. Le reste de ses prouesses demeure par contre ancré dans la réalité même si Chang Yi se révèle néanmoins exceptionnellement habile au maniement de l'épée…autant que ses homologues du Wild West avec leur pistolet.

 

Avec son tintement de clochettes rappelant évidemment la boite à musique de POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS et sa musique s'inspirant de l'école italienne, BELLS OF DEATH se veut un Western, certes camouflé sous les oripeaux du Wu Xia Pian (et aussi drapé dans l'influence du chambarra), et remplit sa mission de divertissement.

BELLS OF DEATH est donc caractéristique de son époque, entre les Wu Xia Pian plus théâtraux des années antérieures et les œuvres plus énergiques et violentes qui allaient rapidement dominer la production. Il devrait logiquement intéressé un public plus large que les seuls amateurs de cape et épée à la chinoise, même si ces derniers prendront sans doute plaisir à écouter le tintement de ces petites clochettes mortelles.