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BELLS OF DEATH est un intéressant Wu Xia Pian
qui s'inspire évidemment du Western italien mais parvient à
maintenir l'intérêt. L'intrigue, elle, n'est pas vraiment originale
et on peut même affirmer qu'elle constitue aujourd'hui un des
scénarios les plus classiques du genre. Nous trouvons donc un
jeune homme dont la famille a été massacrée par trois crapules.
Après avoir appris les arts martiaux, notre homme parcourt les
routes, décidé à se venger, annonçant sa venue par le tintement
des clochettes d'un bracelet ayant appartenu à sa mère assassinée.
BELLS OF DEATH est un film assez court (moins
d'une heure trente) qui va droit à l'essentiel. Ainsi nous ne
verrons pas l'apprentissage du héros aux techniques martiales,
une étape pourtant souvent largement détaillée dans les métrages
ultérieurs. Griffin Yeuh, quoique cinéaste vétéran, n'avait
pas souvent abordé le genre Wu Xia et livre quelque beaux passages,
dont quelques plans d'inspiration "Leone" au cours desquels
les adversaires se mesurent du regard avant de s'affronter.
La mise en scène est efficace et même maîtrisée, que ce soit
dans les passages calmes ou les (nombreux) combats plutôt réussis
compte tenu de l'époque.
Les divers affrontements parviennent en effet
à se montrer soignés et innovants, en particulier celui situé
dans le temple où les combattants ne doivent pas faire tomber
les bougies placées sur la lame de leur épée. Chang Yi, l'acteur
principal, se la joue un peu pistolero de l'Ouest, bien sûr,
mais livre une performance assez impliquée, dans un style tout
en retenue et en sobriété. Nous sommes donc clairement dans
la lignée de l'Homme sans Nom et de ces pistolero taciturne
motivé par une vengeance demandant à être accomplie dans le
sang. Ce n'est sans doute pas exceptionnel mais, dans le cadre
de ce film, le jeu somme toute limité de Chang Yi passe plutôt
bien. Le métrage reste dans les limites du crédible et se veut
réaliste, sauf lorsque le héros rassemble son énergie interne
et projette des feuilles sur ses ennemis avec une force suffisante
pour les blesser. Le reste de ses prouesses demeure par contre
ancré dans la réalité même si Chang Yi se révèle néanmoins exceptionnellement
habile au maniement de l'épée…autant que ses homologues du Wild
West avec leur pistolet.
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Avec son tintement de clochettes rappelant
évidemment la boite à musique de POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS
et sa musique s'inspirant de l'école italienne, BELLS OF DEATH
se veut un Western, certes camouflé sous les oripeaux du Wu
Xia Pian (et aussi drapé dans l'influence du chambarra), et
remplit sa mission de divertissement.
BELLS OF DEATH est donc caractéristique de
son époque, entre les Wu Xia Pian plus théâtraux des années
antérieures et les œuvres plus énergiques et violentes qui allaient
rapidement dominer la production. Il devrait logiquement intéressé
un public plus large que les seuls amateurs de cape et épée
à la chinoise, même si ces derniers prendront sans doute plaisir
à écouter le tintement de ces petites clochettes mortelles.
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