THE BATTLE WIZARD

Titre: Tin Lung Baat Biu
ou: The Battle Wizard
Réalisateur: Pao Hsueh Lieh
Interprètes: Danny Lee

 

Tanny Tien
Kong Do
Wai Wang
Norman Chu
 
 
Année: 1977
Genre: Fantasy / Wu Xia Pian
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * *
Erotisme: * *
Suite:  

50%

Résumé:

Un jeune prince naïf n'ayant aucune connaissance des arts martiaux doit affronter un sorcier. Il part à la recherche d'un python rouge géant dont le sang donne d'énormes pouvoirs. Différentes personnes, dont sa soeur, maîtresse de dangereux serpents, et une guerrières utilisant des os lance fléchettes l'aident dans sa quête, au cours de laquelle il deviendra un redoutable combattant.

Critique:

1977. La tornade STAR WARS s'abat sur le petit monde du cinéma et rien ne sera plus comme avant. Pour la Shaw Brothers, déjà en fin de course, ce sera le signal de la surenchère dans la n'importe quoi déjanté, une tendance déjà entamée avec SUPER INFRAMAN, LE COLOSSE DE HONG KONG, WEB OF DEATH et les métrages types BLACK MAGIC et consort. Jusqu'à la fermeture du studio, la Shaw continuera de sillonner cette voie avec plus ou moins de réussite, au travers de titres comme BUDDHA's PALM, BASTARD SWORDSMAN, HOLY FLAME OF THE MARTIAL WORLD, HEAVEN SWORD AND DRAGON SABRE et quelques autres. Mais ce sera Tsu Hark qui réalisera le mètre étalon du genre avec le culte (et surestimé) ZU, WARRIORS FROM THE MAGIC MOUNTAIN.

Ce BATTLE WIZARD, une des premières tentatives de ce style, porte encore la marque des classiques du Wu Xia Pian que Chu Yuan en tournait à la pelle et avec talent à la même époque. Nous retrouvons donc les éléments coutumiers comme les différents clans tentant d'asseoir leur suprématie sur le monde des arts martiaux, les armes fantaisistes, les costumes chatoyants, les belles épéistes, les nobles et naïfs chevaliers et le recours systématiques au poison pour tromper l'adversaire dans un jeu de machination pas toujours très clair.

Danny Lee, ici un jeune lettré franchement candide, parcourt le monde, tombe amoureux d'une belle demoiselle aussi sexy que dangereuse, affronte un monstre aux bras terminé par des pinces, plonge dans un lac en compagnie d'un python géant dont il boit le sang et se retrouve doté de superpouvoirs qui lui permettront de triompher du grand méchant monté sur des échasses télescopiques. Au passage il apprendra la vérité sur son histoire familiale et trouvera même une sœur…

THE BATTLE WIZARD ne prend pas le temps de traîner en route et c'est d'ailleurs sa principale qualité. Car le métrage ne dure que 72 petites minutes et le cinéaste se doit de caser un maximum de situations biscornues et d'armes fantaisistes. Citons ainsi un gros os qui lance des fléchettes mortelles à répétition. Quant au grand méchant, tout de jaune vêtu, il est monté sur d'énormes échasses semblables à des pattes de poulet métallique et à la particularité de cracher du feu comme un dragon furieux. Un effet spécial resservi a de nombreuses reprises mais comme c'est le seul qui tienne bien la route, nous n'allons pas non plus nous plaindre.

Au rayon des "craignos monsters", BATTLE WIZARD ne donne pas non plus dans la demi-mesure avec un python rouge gigantesque que Danny Lee combat / agite mollement dans un petit lac de studio (une séquence qui rivalise avec celle de la pieuvre de PLAN 9 FROM OUTER SPACE), un figurant dans un costume de gorille miteux, des serpents carnivores luminescents qui s'immisce dans les corps pour les dévorer de l'intérieur et un crapaud empoisonné que Danny Lee finit par avaler afin d'augmenter encore ses pouvoirs, finissant le film avec la puissance d'un Superman. Bref, faut aimer le délire pour apprécier un tel condensé de folie sur pellicule.

THE BATTLE WIZARD, en définitive, constitue un mélanger particulièrement bis de tout ce qui pouvait trouver grâce aux yeux des producteurs de cette époque: des pouvoirs magiques, une ambiance de fantasy, un scénario et des costumes tout droit sortis des Wu Xia Pian d'antan, des références à STAR WARS (les deux héros tombent amoureux mais découvrent qu'ils sont frères et sœurs) et un niveau général proche des Sentaï à la X-Or avec des paquets de combats approximatifs contre des bestioles caoutchouteuses du plus mauvais effet. Un cocktail à priori sympathique mais les moyens investis ne suivent pas et le cinéaste à bien du mal à donner un certain cachet à des cavernes en carton éclairées prudemment ou baignées de teintes colorées à la Mario Bava / Dario Argento.

Le tout ressemble donc à une décoction peu réussie de divers éléments alors en vogue et, en définitive, seule la durée réduite permet de ne pas trop s'ennuyer, le rythme étant relativement rapide et les rebondissements nombreux. Grosse bisserie d'exploitation, THE BATTLE WIZARD a, forcément, pris un énorme coup de vieux et il serait illusoire de le placer sur le même pied que, par exemple, les aventures de Sinbad orchestrées par Ray Harryhausen. Seul son aspect outrageusement kitsch et son envie palpable et forcenée d'offrir au spectateur un spectacle réjouissant permet aujourd'hui de le visionner jusqu'au bout.

A réserver, toutefois, aux inconditionnels du genre même si nous sommes bien en deçà d'un HOLY FLAME OF THE MARTIAL WORLD.