BAT WITHOUT WINGS

Titre: Wu yi bian fu
ou: Bat Without Wings
Réalisateur: Chu Yuan
Interprètes: Derek Yee

 

Ku Feng
Ching Li
Jason Pai Piao
 
 
 
Année: 1980
Genre: Wu Xia / Aventures / Fantasy
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * *
Erotisme: *
Suite:  

65 %

Résumé:

Un chevalier tente de neutraliser un redoutable combattant surnommé "La Chauve-Souris" que tout le monde des arts martiaux pensait mort depuis 5 ans.

Critique:

Production typique de Chu Yuan, BAT WITHOUT WINGS témoigne de la baisse qualitative de la Shaw Brothers au début des années 80. Le personnage principal est ici un grand méchant ayant vaguement l’apparence d’une chauve-souris affublé d’un maquillage identique à celui de Gene Simmons, le chanteur du groupe Kiss.

Considéré comme mort depuis 5 ans, cette « Chauve-Souris » sème à nouveau la terreur dans le monde des arts martiaux. Revenu à la vie ce maniaque tente de s’emparer de deux sabres légendaires, lesquels donnent la clé d’un inestimable manuel de kung-fu. Seul le chevalier Xiao Qi semble capable de résoudre l’énigme et de retrouver la « Chauve-Souris ».

Contrairement à ce qu’on pourrait croire BAT WITHOUT WINGS n’est nullement une suite de L’ÎLE DE LA BETE (alias « Legend of the Bat ») mais ressemble encore davantage à une bande dessinée déjantée. Il faudra donc l’aborder avec une certaine indulgence tant le métrage soutient difficilement la comparaison avec les meilleures réussites du cinéaste.

Le scénario de BAT WITHOUT WINGS reste globalement compréhensible, contrairement à d’autres métrages de Chu Yuan dans lesquels le spectateur se sentait largué au bout de dix minutes. Ici, il est possible avec un minimum d’attention de se retrouver dans ces rebondissements à répétition même si la dernière demi-heure multiplie les trahisons et autres changements d’alliance plus que de raison. Chu Yuan brouille néanmoins les pistes, amène des éléments fantastiques pour mieux les expliquer par la suite, introduit une galerie de personnages dont certains ne feront qu’une courte apparition et accélère dangereusement le rythme à l’approche de la conclusion, comme s’il désirait caser un maximum de « twists » en un minimum de temps.

Les points d’acupuncture bloqués, les poisons dissimulés, les pièges invraisemblables (des bambous qui se déplacent), les gadgets saugrenus (une demoiselle commande des mines explosives en jouant d’un instrument de musiques), etc. sont bien sûr de la partie et il ne faudra donc pas attendre beaucoup de crédibilité d’un scénario bien trop touffu pour tenir adéquatement en à peine 88 minutes. Dommage aussi que Chu Yuan hésite un peu trop entre le mystère, le Wu Xia et le pur fantastiqu

e car BAT WITHOUT WINGS aurait pu renouveler quelque peu la donne en donnant davantage dans l’épouvante et l’horreur, à l’image de curieux hybrides tels HUMAN LANTERN. L’atmosphère macabre ne sera hélas jamais vraiment exploitée et certaines révélations tombent à plat, donnant l’impression que Chu Yuan a tenté de créer un climat de cauchemar pour, au final, expliquer tous les mystères en quelques minutes. Lle « magicien » se sent donc obliger de révéler ses trucs et gâche ainsi une partie de son « prestige»…

Les chorégraphies, pour leur part, sont d’un honnête niveau mais usent de divers procédés pour les rendre plus spectaculaires : les câbles sont donc largement mis à contribution, de manière souvent assez grossière. Les effets spéciaux peu convaincants et les décors moins fastueux que de coutume, souvent baignés de fumées, sont d’autres points négatifs à l’encontre du film même si, visuellement, le tout reste enchanteur tant Chu Yuan use à bon escient des couleurs pour donner à son film un certain panache. Avec une intrigue qui ne tient que partiellement ses promesses, un budget plus restreint que durant la décennie précédente et des combats au mieux moyen Chu Yuan passe difficilement le cap des années 80.

Néanmoins BAT WITHOUT WINGS se révèle globalement divertissant, en grande partie par son rythme énergique et surtout par la présence de Ku Feng en méchant peinturluré. Mais le métrage ne peut toutefois pas être considéré comme une vraie réussite et sera donc réservé aux inconditionnels du cinéaste ou aux amateurs de bizarreries gentiment kitsch.