THE BASTARD

Titre: Xiao Za Zhong
ou: Little Hero
Réalisateur: Chu Yuan
Interprètes: Chung Wa

 

Lily Li
Lau Dan
Cheng Miu
 
 
 
Année: 1973
Genre: Drame / Kung Fu
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

60%

Résumé:

Un jeune homme naïf se lie d'amitié avec une jeune mendiante et découvre que son père est un noble puissant, qui possède un fils emprisonné pour meurtre. Le notable va tenter de reporter les fautes de son fils sur notre candide batard.

Critique:

Production indubitablement mineur réalisée par un Chu Yuan que l'on a connu plus inspiré, THE BASTARD est essentiellement un drame qui ne verse que rarement dans le cinéma kung fu. Le métrage comporte d'ailleurs de nombreux défaut, à commencer par un rythme laborieux. Toute la mise en place, souvent expédiée il est vrai dans ce genre de produit, parait bien longue et il faut attendre près d'une heure pour voir les enjeux véritables de ce récit commencer à se révéler.

Durant toute sa première partie, THE BASTARD se montre en effet assez quelconque, souffrant d'une grande naïveté et d'une regrettable absence de scène d'action. Chu Yuan va, heureusement, rattraper la situation - du moins en partie - durant les 40 dernières minutes de projection. Avec une belle maîtrise, le cinéaste abat alors ses cartes, culminant son film par une longue et réussie séquence martiale où le héros affronte, seul, deux douzaines d'adversaires. Yuen Woo Ping, co-auteur des chorégraphies, peut enfin s'exprimer en livrant des combats martiaux de qualité. Notons néanmoins que ces affrontements témoignent davantage d'une énergie brute et violence que de grandes prouesses techniques. L'action est donc plus efficace et rageuse que réellement spectaculaire mais, dans le cadre de ce métrage, cette sécheresse s'avère plutôt bien choisie.

Si Chu Yuan use d'une réalisation efficace et travaillée, soutenue par une partition datée mais sympathique, les décors ne varient guère, recyclés de nombreuses productions Shaw Brothers de la même époque. Bilan assez négatif également concernant l'interprétation de Chung Wa, chargé d'un rôle plus conséquent que de coutume et qui, malheureusement, ne parvient pas à porter le métrage sur ses seules épaules. Le charme et le dynamisme de l'inévitable Lily Li compense en partie ce défaut mais THE BASTARD eut sans doute beaucoup gagné avec un interprête plus capable et plus charismatique.

Grévé par ses invraissemblances et sa naïveté souvent agaçante, THE BASTARD cumule les défauts habituellement associés au cinéma kung-fu auprès du grand public, à commencer par une intrigue vraiment peu passionnante. Quoique plus développée que dans les sous-produits ultérieurs, l'histoire n'offre pas beaucoup d'intérêt et cumule trop d'éléments déjà vus pour véritablement maintenir l'attention du spectateur. L'aspect dramatique, les quelques éléments comiques et le léger érotisme confère cependant à l'ensemble un minimum d'originalité même si THE BASTARD se révèle finalement encore trop brouillon et mal dégrossi pour réussir à convaincre complètement le public.

Sans grand intérêt durant près d'une heure, à l'exception d'une jolie saynette sexy tout en retenue, THE BASTARD trouve enfin sa voie durant un final nerveux et rageur, laissant - au final et in extremis - le spectateur sur une impression plutôt positive.

Mais la Shaw Brothers et Chu Yuan ont fait bien mieux et l'ensemble sera donc réservé aux seuls fans du genre.