THE BASTARD SWORDSMAN

Titre: The Bastard Swordsman
ou: Tian can bian
Réalisateur: Tony Liu
Interprètes: Norman Chu

 

Alex Man
Shen Chan
Tony Liu
 
 
 
Année: 1983
Genre: Wu Xia Pian / Fantasy
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * *
Erotisme: *
Suite: Return of the Bastard Swordsman

75%

Résumé:

Un enfant abandonné, Yun Fei Yang, est recueilli par le clan Wudang. Au fil des années, il devient le souffre-douleur des combattants du clan tandis qu'un maître masqué lui révèle les secrets des arts martiaux. Le chef de Wudang est défié par Wu Di, grand Maître du Clan Invincible et est battu, comme lors de leurs deux précédents combats. Wu Di donne à son rival deux années supplémentaires pour le vaincre, sinon il viendra massacrer tous les élèves de Wudang. Mais un mystérieux chevalier, Fu Yu Xue, vient en aide au chef, qui l'accepte comme disciple et se propose de lui révéler tous les secrets de Wudang. Pendant ce temps, Yun Fei Yang est accusé de traîtrise et contraint à fuir…

Critique:

Cinéaste sympathique et généreux, Tony Liu a offert à la Shaw Brothers une série d'œuvres jouissives qui combinent adroitement scénario complexe, combats nombreux et fantaisies délirantes. A l'image de HOLY FLAME OF THE MARTIAL WORLD, LADY ASSASSIN, SECRET SERVICES OF THE IMPERIAL COURT ou encore THE MASTER, le présent métrage est une belle réussite non dénué d'un savoureux charme bis.

L'intrigue, tout d'abord, est suffisamment riche en coup de théâtres et rebondissements pour maintenir l'intérêt du spectateur sans le perdre dans les dédales de constructions tarabiscotées (à la manière de Chu Yuan). Néanmoins, les personnages sont tous à plusieurs facettes et plus intéressants qu'ils ne paraissent de primes abords, même si le côté psychologique est en retrait pour privilégier le mouvement et les séquences d'action.

Sans négliger totalement l'aspect dramatique ou la romance, à peine esquissée par une poignée de scènes efficaces, Tony Liu promène le spectateur dans une suite d'aventures où l'aspect magique et fantaisiste prédomine. Délaissant en partie les joutes martiales authentiques, le cinéaste offre un spectacle complètement délirant mais souvent réjouissant qui laisse la part belle aux effets visuels: boules de feu, jets de fumée, bonds spectaculaires, guerriers combattant la tête en bas, armes improvisées et déplacements improbables se succèdent donc avec une énergie inventive. Un régal pour les amateurs de jeux de rôles! Dans le même ordre d'idée, le film invente une nouvelle technique martiale, celle du ver à soie et, là, il faut réellement le voir pour le croire…et même ainsi ce n'est pas facile!

Evidemment, Tony Liu sacrifie souvent le fond au détriment de la forme et en particulier du rythme, qu'il maintient à un niveau élevé afin de ne jamais ennuyer le spectateur ce qui, finalement, est tout à son honneur dans le strict cadre d'un divertissement pur.

Réalisé après la fin de l'âge d'or de la Shaw Brothers, alors déjà en déclin, BASTARD SWORDSMAN apparaît avec le recul comme une œuvre hybride et importante, entre le classicisme des productions martiales antérieures et l'énergie brute des tenants de la nouvelle vague, lancée par le spectaculaire et novateur DUEL TO THE DEATH de Ching Siu Tung. Nul doute qu'il inspira ensuite de nombreux neo-Wu Xia Pian par son mélange alors audacieux de prouesses physiques réelles couplées à des effets visuels dantesques. Affrontements armés, aux poings et à coups de pouvoirs magiques se succèdent donc avec une volonté évidente et louable d'en offrir au spectateur pour son argent, et sans compter.

Bien plus réussi que la très surestimée trilogie HIDDEN POWER OF DRAGON SABRE, l'œuvre de Tony Liu comporte sans doute son lot de faiblesses et de maladresses mais reste constamment enthousiaste, divertissante et agréable à suivre. Il importe donc de laisser de côté un script parfois approximatif et d'oublier les passages moins réussis pour se concentrer sur le rythme alerte et la foultitude de scènes d'action jouissives.

Bref, BASTARD SWORDSMAN constitue un divertissement de bonne qualité et l'assurance d'une soirée réussie dont il serait dommage de se priver.