| Résumé: |
Un enfant abandonné, Yun Fei Yang, est recueilli par le clan Wudang. Au fil des années, il devient le souffre-douleur des combattants du clan tandis qu'un maître masqué lui révèle les secrets des arts martiaux. Le chef de Wudang est défié par Wu Di, grand Maître du Clan Invincible et est battu, comme lors de leurs deux précédents combats. Wu Di donne à son rival deux années supplémentaires pour le vaincre, sinon il viendra massacrer tous les élèves de Wudang. Mais un mystérieux chevalier, Fu Yu Xue, vient en aide au chef, qui l'accepte comme disciple et se propose de lui révéler tous les secrets de Wudang. Pendant ce temps, Yun Fei Yang est accusé de traîtrise et contraint à fuir…
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| Critique: |
Cinéaste sympathique et généreux, Tony Liu
a offert à la Shaw Brothers une série d'œuvres jouissives qui
combinent adroitement scénario complexe, combats nombreux et
fantaisies délirantes. A l'image de HOLY FLAME OF THE MARTIAL
WORLD, LADY ASSASSIN, SECRET SERVICES OF THE IMPERIAL COURT
ou encore THE MASTER, le présent métrage est une belle réussite
non dénué d'un savoureux charme bis.
L'intrigue, tout d'abord, est suffisamment
riche en coup de théâtres et rebondissements pour maintenir
l'intérêt du spectateur sans le perdre dans les dédales de constructions
tarabiscotées (à la manière de Chu Yuan). Néanmoins, les personnages
sont tous à plusieurs facettes et plus intéressants qu'ils ne
paraissent de primes abords, même si le côté psychologique est
en retrait pour privilégier le mouvement et les séquences d'action.
Sans négliger totalement l'aspect dramatique
ou la romance, à peine esquissée par une poignée de scènes efficaces,
Tony Liu promène le spectateur dans une suite d'aventures où
l'aspect magique et fantaisiste prédomine. Délaissant en partie
les joutes martiales authentiques, le cinéaste offre un spectacle
complètement délirant mais souvent réjouissant qui laisse la
part belle aux effets visuels: boules de feu, jets de fumée,
bonds spectaculaires, guerriers combattant la tête en bas, armes
improvisées et déplacements improbables se succèdent donc avec
une énergie inventive. Un régal pour les amateurs de jeux de
rôles! Dans le même ordre d'idée, le film invente une nouvelle
technique martiale, celle du ver à soie et, là, il faut réellement
le voir pour le croire…et même ainsi ce n'est pas facile!
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Evidemment, Tony Liu sacrifie souvent le fond
au détriment de la forme et en particulier du rythme, qu'il
maintient à un niveau élevé afin de ne jamais ennuyer le spectateur
ce qui, finalement, est tout à son honneur dans le strict cadre
d'un divertissement pur.
Réalisé après la fin de l'âge d'or de la Shaw
Brothers, alors déjà en déclin, BASTARD SWORDSMAN apparaît avec
le recul comme une œuvre hybride et importante, entre le classicisme
des productions martiales antérieures et l'énergie brute des
tenants de la nouvelle vague, lancée par le spectaculaire et
novateur DUEL TO THE DEATH de Ching Siu Tung. Nul doute qu'il
inspira ensuite de nombreux neo-Wu Xia Pian par son mélange
alors audacieux de prouesses physiques réelles couplées à des
effets visuels dantesques. Affrontements armés, aux poings et
à coups de pouvoirs magiques se succèdent donc avec une volonté
évidente et louable d'en offrir au spectateur pour son argent,
et sans compter.
Bien plus réussi que la très surestimée trilogie
HIDDEN POWER OF DRAGON SABRE, l'œuvre de Tony Liu comporte sans
doute son lot de faiblesses et de maladresses mais reste constamment
enthousiaste, divertissante et agréable à suivre. Il importe
donc de laisser de côté un script parfois approximatif et d'oublier
les passages moins réussis pour se concentrer sur le rythme
alerte et la foultitude de scènes d'action jouissives.
Bref, BASTARD SWORDSMAN constitue un divertissement de bonne qualité et
l'assurance d'une soirée réussie dont il serait dommage de se priver.
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