RETURN OF BASTARD SWORDSMAN

Titre: Bu yi shen xiang
ou:  
Réalisateur: Tony Liu
Interprètes: Chen Kuan Tai

 

Norman Chu
Phillip Ko
Jason Pai Piao
Lo Lieh
Sun Chien
Alex Man
Année: 1984
Genre: Wu Xia / Kung Fu
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

65%

Résumé:

Un méchant japonais cherche à défier Yun Fei Yang, maître de la technique du ver à soie, chef du Wudang et "bastard swordsman". Il défie le Wudang et menace de tuer tous ses membres si le maître ne vient pas le combattre.

Critique:

Tony Liu avait signé une belle réussite avec BASTARD SWORDSMAN et il décide d'en livrer une séquelle mettant à nouveau en scène Norman Chu dans son rôle de combattant aux cheveux blancs ayant acquis la maîtrise de la technique du Ver à soie. Cette fois, l'ennemi principal est un Japonais (Chen Kuan Tai) qui est capable de tuer ses adversaires en prenant le contrôle de leur rythme cardiaque. Evidemment, sûr de lui, notre homme veut se mesurer au meilleur combattant possible, à savoir notre "bastard swordsman", Yun Fei Yang, chef du Wudang. Mais ce dernier a décidé de se retirer du monde des arts martiaux pour savourer une vie paisible en compagnie d'une jeune demoiselle. L'invincible Nippon somme alors les membres de Wudang de lui amener Yun Fei Yang et un jeune homme part à sa recherche…

Dès le départ RETURN OF BASTARD SWORDSMAN décide de faire plus fort que le premier métrage qui, pour sa part, ne "disjonctait" vraiment que dans sa dernière partie. Ici, dès le début, c'est l'outrance qui domine, Tony Liu versant complètement dans l'exploitation à l'image de son HOLY FLAME OF THE MARTIAL WORLD. Les techniques martiales saugrenues, entretenues à grand renfort d'effets spéciaux un peu kitsch, d'accélération et de câbles, dominent complètement un récit dont l'intrigue est réduite à la portion congrue. L'objectif consiste donc à proposer un maximum d'affrontements délirants au cours desquels les combattants rivalisent de prises inédites et de rayons mortels incrustés sur la pellicule.

L'ensemble n'est pas toujours très convaincant mais RETURN OF THE BASTARD SWORDSMAN ne se montre pas avare de séquences mémorables et n'est finalement jamais ennuyeux. Tony Liu possède un style très reconnaissable, alliant des scénarios assez classiques et convenus à une véritable maîtrise de la mise en scène, conciliant le meilleur des Wu Xia à l'ancienne et la folie caractéristique des œuvres new wave post-ZU. Les personnages sont donc typiques des métrages de la décennie précédente, de même que les costumes et les décors déjà vus à de nombreuses reprises mais la réalisation se montre, pour sa part, beaucoup plus énergique et moderne, privilégiant un montage rapide et une utilisation décomplexée de tous les "trucs et trucages" possibles pour conférer à ses films un rythme soutenu.

RETURN OF BASTARD SWORDSMAN mise essentiellement sur les combats pour maintenir l'intérêt et, heureusement, il y parvient sans peine, mixant allègrement les arts martiaux authentiques aux purs délires, dont les inévitables gadgets ninja utilisés sans retenues. Le tout est tonique et vivifiant, en dépit d'un scénario franchement simpliste et guère motivant. Cette suite ne tente pas de retrouver les qualités du premier film et, à l'image de nombreuses séquelles, cherche simplement à divertir en optant résolument pour la surenchère.

Sans doute confectionné un peu à la va vite, RETURN OF BASTARD SWORDSMAN n'est pas exempt de défaut mais parvient à divertir un spectateur un tant soit peu conciliant sans que celui-ci ne songe à regarder sa montre. Et c'est déjà pas mal!