BANGKOK HAUNTED

Titre: Bangkok Haunted
ou:  
Réalisateur: Oxide Pang & Pisut Praesangeam
Interprètes: Pimsiree Pimsee

 

Pramote Seangsorn
Dawan Singha-Wee
Kalyanut Sriboonrueng
Pete Thong-Jeur
 
Année: 19
Genre: Fantastique / Epouvante
Pays: Thailande
Editeur CTV
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

65%

Résumé:

Trois jeunes filles discutent autour d'un verre et se racontent des histoires d'horreur. Un tambour maudit, un parfum aphrodisiaque et un mystérieux suicide sont au programme.

Critique:

Dans la grande tradition des "films omnibus" constitués de plusieurs courts-métrages liés par un mince fil conducteur, BANGKOK HAUNTED nous rappele la grande époque des productions Amicus ou Hammer comme LE TRAIN DES EPOUVANTES, HISTOIRES D'OUTRE TOMBE ou ASYLUM. Un genre relancé bien plus tard par CREEPSHOW.

La première intrigue, celle du "Tambour", n'est guère originale. Il s'agit de la sempiternelle histoire de fantôme revenant par le biais d'un objet usuel. Rien de novateur et le déroulement du récit, bien trop convenu, n'aide pas vraiment a apprécier une chute finale décevante et attendue. Comme souvent dans ce genre d'intrigue, surtout en Asie, deux époques finissent par se téléscoper.

Le passé servant d'explication à la présence d'un fantôme aux temps modernes. Mais le côté horrifique s'avère peu exploité et, au contraire, c'est la romance qui prédomine, le réalisateur peinant d'ailleurs à susciter le moindre frisson. Avec son ambiance finalement plus proche de la Belle et la Bête ou d'autres contes un peu macabre, ce "Tambour" se laisse voir sans trop d'ennui mais sans générer le moindre enthousiasme. Le spectateur, dubitatif, risque même de laisser tomber et d'arrêter le film après ce premier sketche, ce qui serait une erreur puisque les deux suivants sont plus réussis.

Le second sketch, pour sa part, traite d'un thème également connu, celui du parfum magique capable de rendre n'importe qui fou d'amour et de désir. Une jeune et très jolie femme (on se demande d'ailleurs pourquoi elle a recours à pareils artifices!) en use donc avec des conséquences dramatiques. Cet argument rappele bien des nouvelles littéraires, dans la veine des anthologies comme Histoires de Sexe et de Sang, par exemple, mais se révèle à nouveau un peu décevant.

En dépit d'un léger érotisme, le cinéaste se montre trop modéré pour parvenir à convaincre réellement, usant d'une sensualité somme tout mièvre, dans l'esprit des téléfilms de fin de soirée, avec leur esthétique bâteau et leur photographie aux teintes immanquablement bleutées. Comme pour le premier sketch, le cinéaste tente de bâtir une certaine atmosphère mais il n'y parvient qu'à moitié, s'aidant de l'exotisme des décors thailandais pour conférer une certaine originalité à un récit trop classique pour effrayer les amateurs du genre. Une fois encore, le déroulement de l'intrigue est trop prévisible, d'autant que le gore est quasi absent, mais le tout se suit sans déplaisir.

La troisième histoire demeure la plus intéressante. Un flic enquête sur le suicide d'une jeune femme enceinte. Mais certaines contraintes (comme la hauteur de la poutre ayant servi a attacher la corde) le font douter, au point qu'il soupçonne l'ancien amant de la victime de l'avoir assassinée. Assez bien mené, ce segment combine investigation policière et fantastique discret avec une certaine réussite.

Les rebondissements de situation et autres fausses pistes relancent régulièrement l'intérêt jusqu'au twist final plutôt bien amené et inattendu. Dommage que les flash-backs en noir et blanc, à présent mille fois vus, alourdissent le récit par leurs explications redondantes. Mais, heureusement, la mise en scène, énergique, s'avère rythmée et efficace, en dépit de certains effets de style un peu gratuits.

Pisuth Praesaeng-lam et Oxide Pang, les deux cinéastes derrière cette anthologie horrifique, ont donc globalement réussi leur pari, celui d'offrir aux spectateurs deux heures de divertissement légèrement angoissant. A défaut de passionner complètement son public, BANGKOK HAUNTED réussit à ne jamais l'ennuyer, si ce n'est peut-être lors de la première histoire, de loin la plus faible.

En définitive, l'ensemble mérite donc bien une petite vision.