CAMP D'AMOUR POUR CHIENS JAUNES

Titre: Bamboo house of dolls
ou: Nu ji zhong ying
ou: Barbarie, l'enfer japonais
Réalisateur: Chin Hung Kuei
Interprètes: Birte Tove

 

Lo Lieh
 
 
 
 
 
Année: 1973
Genre: Sexploitation / Women In Prison
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial (import)
Violence: * * *
Erotisme: * * *
Suite:  

55%

Résumé:

Durant la seconde guerre mondiale quelques jeunes femmes sont emmenées dans un camp nippon pour servir les bas instincts des soldats de l'Empire du Soleil Levant.

 

 

Critique:

"Pour un jeux de dupes,
voir sous les jupes
des filles
"

...nous chantait jadis Souchon. Nul doute que ce refrain s'applique parfaitement à ce fameux Camp d'Amour pour Chien Jaunes, une des productions les plus crapuleuses de la Shaw Brothers.

Le studio s'inspire ici de Nazi Love Camp Seven, lequel devait donner également naissance à la saga Ilsa. Le spectateur familier des Women In Prison (et des Nazi-porn) se sentira immédiatement en terrain de connaissance. Dès le générique le caméraman s'applique à cadrer sous les robes des prisonniers et ne se prive pas de quelques arrêts sur image dès qu'une petite culotte est dans le champ. Nous ne sommes donc pas en présence d'un futur pilier de cinémathèque...

Le scénario est simple à souhait. Il resservit d'ailleurs dans de nombreuses productions ultérieures similaires et seul le cadre choisit pour les atrocités décrites change. Ici, c'est un camp de prisonnières (chinoises et américaines) tenues par de sadiques japonais mené par la redoutable Mako, une tortionnaire lesbienne qui adore martyriser les captives. La première séquence, la plus réussie, nous montre d'ailleurs une chinoise forcée de fouetter une prisonnière ayant tenté de s'évader. Comme elle refuse d'exécuter la sentence, la demoiselle s'enfuit et meurt électrocutée sur les fils barbelés ceinturant le camp.

Ensuite la routine s'installe: les gradés violent régulièrement les filles et Mako n'est pas en reste puisqu'elle s'éprend d'une captive. Elle la violente à l'aide d'un gode ceinture mais bien sûr la victime y prend goût et obtient les faveurs de la geôlière, au point d'être prise pour une traîtresse. Parmi les autres moments marquants citons cette aveugle obligée de marcher sur des bouts de verres par un officier nippon qui la prend ensuite sur le sol couvert d'éclats tranchants. Une bagarre dans la cantine verse, elle, carrément dans le burlesque et la scène de douche collective, typique du genre, rappelle aux anciens les meilleurs spots publicitaires pour Tahiti Douche.

On note aussi un très gros racisme anti-jap' particulièrement primaire et les habituels poncifs de la sexploitation. La gardienne étant un condensé de clichés assez croquignolets comme en témoigne cette petite séquence où elle demande à une détenue agenouillée de lui lécher les bottes, la cravache à la main.

Comme la censure est encore pesante en ces années, le réalisateur suggère plus qu'il ne montre, dévoilant surtout un bout de sein ou une culotte en évitant de montrer le moindre sexe féminin à l'écran. Les habitués des productions italiennes ou "Jésus Franco-esques" similaires (Sadomania, Greta, Pénitencier de Femmes, etc.) se sentiront donc légitimement frustré, d'autant que le métrage embraye dans toute sa seconde partie sur un récit d'évasion avec fuite dans la campagne et méchants nippons aux trousses. Pas vraiment passionnant et parfois même soporifique. Un petit suspense est entretenu sur l'identité d'une traitresse infiltrée parmi les évadées. Evidemment la moins suspecte est la coupable et les familiers de ce genre de twist comprendront dès le départ l'identité de l'infâme collaboratrice. Pesant, une fois de plus.

La réalisation est pour sa part vraiment mauvaise et les tentatives d'humour assez pitoyable. Tout se termine par quelques cascades en voitures, deux ou trois plans gore de soldats massacrés à l'arme blanche et, Shaw oblige, on a même droit à quelques bastons martiales chorégraphiées et filmées n'importe comment.

Ce Camp d'Amour est donc loin d'être le classique annoncé (et parfois même vanté!). Il s'agit surtout d'une modeste série Z à l'intérêt limité, assez sympathique durant sa première moitié et franchement ennuyeuse dans sa seconde. Se laisse voir, mais de justesse, donc.