BAD GUY

Titre: Bad Guy
ou:  
Réalisateur: Kim Ki Duk
Interprètes: Jo Jae-Hyun

 

Seo Won
Kim Yun-Tae
Byeon Kyeong Su
Kim Jeaong Yeong
 
Année: 19
Genre: Drame
Pays: Corée
Editeur Asian Star
Violence: * * *
Erotisme: * * *
Suite:  

60%

Résumé:

Un chef de gang, le Bad Guy du titre, observe une jeune fille assise sur un banc. Il s'approche et l'embrasse sous les yeux de son copain. Des militaires interviennent et rouent de coup notre mauvais garçon. Celui-ci orchestre alors une incroyable (c'est le mot!) machination afin de se venger de l'humiliation subie. Il va piéger la jeune fille, la faire accuser de vol et l'obliger à se prostituer pour rembourser une dette imaginaire. Notre vierge effarouchée finit donc sur le trottoir et finit par prendre goût à la prostitution.

Critique:

Kim Ki Duk offre ici un métrage assez bizarre, que Jean Pierre Dionnet, dans sa présentation, définit comme une "love story entre deux autistes". On pourrait même pratiquement parler de conte de fée noir, pour adultes, tant les prémices du scénario s'avère invraisemblable.

BAD GUY ne cherche pas le réalisme dans son intrigue vraiment peu crédible mais Kim Ki Duk livre pourtant un portrait sans concession d'une société coréenne désorientée. Son Bad Guy, incapable de communiquer, ne prononcera pas une parole avant les ultimes minutes du film. Il observe sa "protégée" alors qu'elle se prostitue mais ne parvient jamais à exprimer ses sentiments.

La violence, elle, est omniprésente et semble la seule possibilité de communication pour la plupart des intervenants. Prostituées se querellant entre elles pour l'argent d'un client, client déshumaniser, gangsters prêt à tout, flic corrompus,…le cinéaste livre une œuvre forte, en prenant comme extrême deux figures emblématiques et opposées de la société coréenne: d'un côté l'étudiante nécessairement virginale, symbole de réussite, et de l'autre la prostituée, symbole de déchéance et considérée comme un rebut du monde civilisé.

Peu à peu, Kim Ki Duk va donc transformer son étudiante en pute, d'abord réticente puis finalement consentante. Malheureusement, le réalisateur, fixé sur son microcosme, ne prend pas la peine d'ancrer son film dans un quelconque réalisme. Même si notre étudiante a été enlevée, personne ne songe à la rechercher, ni la police, ni sa famille, ni son copain qui, après un tabassage sévère par les hommes du bad guy, disparaît dans la nature. De manière similaire, notre belle étudiante ne s'enfuit pas et accepte sans sourcillier de livrer son corps pour éponger une dette farfelue. Elle finit même par aimer ça et continue à travailler pour son bad guy amoureux (?) alors qu'elle a finalement le choix de retrouver sa vie "d'avant".

Difficile d'adhérer au message lorsqu'il est à ce point criblé d'invraisemblances, d'autant que Kim Ki Duk aurait pu rendre l'ensemble beaucoup plus digeste avec un minimum d'efforts scénaristiques.

BAD GUY est donc une œuvre prenante, forte et globalement satisfaisante même si l'émotion n'est pas toujours très présente, en partie parce qu'il est difficile de s'intéresser vraiment à des personnages trop "incroyables" pour fasciner.