BABY CART - LE TERRITOIRE DES DEMONS

Titre: Kozure Ogami Meifu Mado
ou: Lone Wolf and Cub 5 : In the land of demons
Réalisateur: Kenji Misumi
Interprètes: Tomisaburo Wakayama

 

Akihiro Tomikawa
Michiyo Yasura
Shingo Yamashiro
 
 
 
Année: 1974
Genre: Chambarra
Pays: Japon
Editeur HK Vidéo (puis Wild Side)
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite: Le Paradis Blanc de l'Enfer

70%

Résumé:

Après avoir assassiné cinq maîtres, le Loup Solitaire apprend les détails d'un nouveau contrat: intercepter une lettre révélant un traître caché parmi les membres du clan Kuroda.

 

Critique:

Ce Territoire des Démons constitue, déjà, le cinquième volet de la longue saga Baby Cart, inspirée d'un manga à succès. Il se centre cette fois sur le personnage de Daigoro, le fils d'Itto Ogami. Malgré son jeune âge, l'enfant se montre à la hauteur de son papa lorsqu'il subit sans broncher une bastonnade en place publique, refusant de trahir une voleuse à laquelle il a donné sa parole. Un autre moment clé voit Le Loup Solitaire exécuter sommairement un seigneur et sa très jeune fille. Ils se sont montrés faibles et Ogami ne peut le tolérer, lui si fier de sa force et de celle de son fils. Incarnation de la Justice, le samouraï devenu rônin poursuit sa mission sanglante et n'obéit qu'à son code de l'honneur. Inflexible et redoutable, il se situe clairement au-delà du Bien et du Mal.

Eléments indissociables de la saga, les duels au sabre se succèdent surtout durant le derniers tiers du métrage, avec de belles explosions de violences. Membres amputés, corps transpercés ou carrément coupés en deux par une lame, le gore excessif et délirant rejoint une conception très bande dessinée, outrée même, de la violence.

Citons encore, parmi les moments marquants, cette très bizarre séquence où une demoiselle, cachée à l'étage d'une maison, pisse sur la précieuse missive enfin découverte, son urine effaçant les caractères compromettant...

Baby Cart constitue une saga assez particulière qui saura intéresser les fans de chambarra, pour lesquels il s'agit d'une référence incontournable. Cependant, il faut avouer que ce cinquième volet trahit une certaine lassitude. Le scénario, mis à part les passages mémorables cités plus haut, tourne un peu à vide en dépit de sa complexité narrative. Il n'est pas évident de suivre cette suite de trahisons, impostures et retournements d'alliance, d'autant que le souci d'en offrir au spectateur pour son argent en terme d'action conduit parfois à des séquences peu vraisemblables. L'exécution des cinq premiers combattants s'apparente d'ailleurs à un simple gimmick qui apporte peu au métrage dans son ensemble.

Malgré les qualités de mise en scène de Kenji Misumi (qui décéda peu après) et la justesse des interprètes, on se surprend à parfois "décrocher" d'un film sans grande surprise. Mais le tout reste néanmoins de bonne tenue et mérite sans conteste une vision, d'autant que le carnage final atteint une intensité remarquable, digne d'un gore italien de la même époque.