BABY CART DANS LA TERRE DE L'OMBRE

Titre: Shi Ni Kaze Ni Mukau Ubaguruma
ou: Baby Cart to Hades
ou: Lone Wolf and Cub 3
ou:  
Réalisateur: Kenji Misumi
Interprètes: Tomisaburo Wakayama

 

 Ahihiro Tomikawa
Go Tako
Isao Yamagata
 
                      
 
 
Année: 1973
Genre: Chambarra
Pays: Japon
Editeur HK Video
Violence: * * *
Erotisme: * *

75%

Résumé:

"Accompagné de son fils Daigoro, le samouraï rebelle Itto Ogami parcourt les routes du Japon. Précédé par sa réputation d'expert, il est défié par Kambé, un samouraï déchu. Ogami refuse de l'affronter mais, pour affranchir une adolescente vendue par son père au mystérieux clan des "Oublis", il accepte de tuer pour leur compte le gouverneur de la région..." [résumé tiré du DVD]

 

Critique:

Voici donc le troisième volet d'une légendaire série adaptée d'un manga culte. On ne peut guère dire que le scénario diffère beaucoup de celui des deux premier volet puisqu'il en reprend les codes narratifs, à présent éprouvé. Ogami et son fils parcourent les routes, rencontrent quelques méchants et le samouraï déchu finit par remplir une dangereuse mission pour gagner un peu d'argent et, sans doute, retrouver une partie de son honneur.


Les personnages sont maintenant bien connus, les situations classiques et, pourtant, la série continue de fasciner malgrè ses redondances. On retrouve ainsi une scène similaire à un passage du "Sabre de la Vengeance" au cours de laquelle le ronin doit souffrir une dure humiliation pour sauver une prostituée.


Mais là où le film innove c'est en plongeant de plein pied dans les terres des fleurons du western spaghetti. Certes, ces emprunts existaient depuis le début de la saga mais, ici, c'est à une véritable fusion des codes du chambarra oriental et des clichés du bis occidental que l'on assiste. On pense évidemment aux classiques du genre comme "Le Grand Silence", "Keoma" et, surtout, "Django".


Quoique moins démonstrative et ludique que dans l'épisode précédent, la violence reste une composante indissociable de la série et, ici, elle se fait même plus sadique avec un viol collectif et des scènes de pure cruauté, au détriment de l'aspect gore et divertissant précédemment développé. On sent que Ogami remet en question le code du Bushido à la vision de ce Japon médiéval en pleine décadance dans lequel personne n'est à l'abri de la violence.


Les personnages bien développés, l'économie de mots qui choisit d'aller à l'essentiel, la beauté formelle et la qualité des combats font donc oublier le coté convenu du scénario et le relatif manque de rythme et d'innovations. Un cran en dessous des deux premiers films, ce troisième volets reste néanmoins un excellent chambarra qui mérite largement une vision attentive.