AZUMI

Titre: Azumi
Réalisateur: Ryuhei Kitamura
Interprètes: Aya Ueto

 

Masato Ibu
Yoshio Harada
Hideo Sakaki
 
 
 
Année: 2003
Genre: Chambarra new school
Pays: Japon
Editeur TF1 / CTV
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite: Azumi 2

70%

Résumé:

Une enfant est recueillie par un vieil homme à la recherche d'assassins d'élite. Des années plus tard, la troupe de tueurs surentrainés est prête à accomplir sa mission: éliminer trois seigneurs de la guerre pour éviter de nouveaux conflits.

 

Critique:

Azumi est une tentative de moderniser le chambarra en utilisant des techniques plus modernes: mise en scène virtuose, jeunes acteurs beaux et charismatiques, violence bien sanglante, musique rythmée. Tentative ou réussite? Un peu des deux sans doute car l'ensemble n'est pas toujours maîtrisé.

La réalisation de Kitamura est parfois inspirée, parfois belle et parfois maniérée, comme lors du final où la caméra fait des loopings inappropriés à un duel dramatique. Travelling vertical et circulaire, utilisation des images de synthèse, etc. On a parfois le tournis mais, la plupart du temps, cette technique tape à l'oeil et démonstrative n'est pas désagréable, elle accentue l'aspect un peu délirant du sujet lors des combats à un contre dix (ou une contre deux cents pour le climax).

Inspiré d'un manga, le scénario est convenu mais pas si simple que ça à suivre, entre les différents protagonistes aux motivations floues. Kitamura joue aussi la carte du clichés foncièrement fun en présentant des Ninjas aux lames empoissonnées, un tueur au physique simiesque et un samouraïs efféminés qui se ballade une rose à la main.

Le budget est confortable et les décors sont souvent bien exploités, le film ne trahissant pas trop ses origines vidéo. Les combats, pour leur part, sont terribles et qu'importe si aucun véritables artistes martiaux n'y participent: Kitamura sublime les duels par une mise en scène top niveau, un montage adéquat et une musique entraînante. Ca frappe, ça saigne (sans excès mais avec une certaine bonne volonté malgré tout), cela ne se préoccupe pas trop de réalisme mais Kitamura reste néanmoins dans les limites du raisonnable et ne dévie heureusement pas vers le pur manga live.

L'actrice principale (Ueto Aya) est à la fois vulnérable et forte, sensible et impitoyable. Elle est surtout incroyablement belle et ses tenues fantasmatique (robe très courte comprise) sont sûrement une des raisons du succès de ce film.

Maintenant tout n'est pas parfait, loin de là: les sentiments des personnages ne sont guère développés, un comble pour un métrage de 135 minutes, et le cinéaste sacrifie souvent le fond à la forme, somptueuse il est vrai. Pourtant on relève les interrogations fréquentes des jeunes assassins sur le sens et la légitimité de leur mission. Pas très bien exploité et insuffisamment approfondis mais appréciable en ces temps de héros "tout d'un bloc".

Pas mal de scènes sont, hélas, inutiles et trop longues, ce qui casse le rythme de l'ensemble et n'apporte finalement pas grand-chose. Précisons que je parle ici de la version longue intégrale et non de l'internationale, coupée d'une vingtaine de minutes et sans doute plus efficace et ramassée.

On ne s'ennuie pas du tout durant la première heure et, après une grosse baisse de rythme assez préjudiciable, on en prend à nouveau plein les yeux et les oreillers lors des vingt minutes finales anthologiques.

Azumi est donc assez bancal et laisse un goût d'inachevé, d'autant qu'il n'eut pas fallu beaucoup d'effort pour améliorer le résultat. Kitamura n'a sans doute pas eu le temps de fignoler un produit qui, en l'état, demeure un estimable divertissement. Sympa, en fait!