| Résumé: |
Nie Cheng est un jeune épéiste décidé a laisser une trace dans les livres d'Histoire, quitte à mourir jeune. Après le massacre de ses compagnons et de son maître, Nie Cheng se retire et mène une existence modeste, devenant boucher afin d'assurer la subsistance de sa sœur et sa mère.
Un riche notable, impressionné par son courage et sa loyauté, lui propose alors de devenir son frère et d'accomplir un destin glorieux mais le jeune homme refuse par amour pour sa mère. Après le décès de cette dernière et le marriage de sa sœur, Nie Cheng décide de quitter ce monde sur un coup d'éclat. L'épéiste se promet donc d'assassiner Han Kwei, le tyrannique empereur des Qin.
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| Critique: |
THE ASSASSIN est typique de son époque et
pourra par conséquent décevoir les amateurs des œuvres ultérieures
de la Shaw Brothers et de Chang Cheh en particulier. En effet,
il s'agit avant tout d'un récit historique inspiré par des faits
authentiques. Le côté dramatique et romantique prédomine donc
très logiquement sur l'action, qui n'occupe, en fait, que les
quinze dernières minutes du métrage, long de près de deux heures.
Entièrement soutenu par la prestation de Jimmy
Wang Yu (au visage souvent figé lors des dialogues mais indéniablement
iconique lorsqu'il écarte les bras, une épée dans chaque main,
prêt à en découdre avec une dizaine d'adversaires), THE ASSASSIN
prend néanmoins le temps de s'arrêter sur la romance liant le
héros à la jolie Chiao Chiao. Si la romance semble être mise
de côté durant la première moitié du métrage, elle devient prédominante
durant la seconde partie et possède de réelles qualités. Les
deux amants tentent manifestement de lutter contre l'écoulement
inéluctable du temps ("vivons moins longtemps mais plus intensément!")
et Chang Cheh dépeint cette relation avec beaucoup de réussite
et même une pointe de sensualité. Dommage qu'il n'évite pas
le côté naïf et mielleux souvent de mises dans les superproductions
estampillées Shaw Brothers.
Même si l'intrigue est très simple et linéaire,
THE ASSASSIN se déroule sur une bonne dizaine d'années, le temps
nécessaire à Nie Cheng pour rompre ses liens avec le monde matériel
et se préparer à son destin. Une initiative intéressante qui
s'avère, en définitive, à la fois un défaut et une qualité.
Le réalisateur n'a pas habitué le spectateur à un tel luxe de
détails, à une telle accumulation de petites saynettes apparemment
anodines mais riches de sens (Wang Yu se laisse aller à des
futilités en compagnie de concubines ou de pauvres musiciennes,
le final se poursuit plusieurs minutes après la mort - prévisible
- du héros contrairement aux œuvres ultérieures du cinéastes
qui auront souvent une fin abrupte, héroïque et emblématique).
En contre-partie, le rythme peut paraître un
peu languissant, voire carrément relâché et les temps morts
sont parfois lassants, d'autant que l'intrigue se révèle très
classique et que le spectateur peut facilement en deviner le
déroulement. La musique est, sans surprise, volée à d'autres
productions plus nanties (et en particuliers à James Bond!)
mais s'intègre plutôt adroitement au métrage. Au niveau de la
mise en scène, heureusement, l'aspect luxueux et travaillé est
nettement perceptible avec une belle utilisation des décors,
des costumes et des extérieurs, témoignant d'un soin et d'un
luxe indéniable même si tout cela peut également sembler un
peu kitsch.
Sans doute trop contenu, Chang Cheh se lâche
finalement lors d'un final impressionnant qui annonce ses futurs
excès. Jimmy Wang Yu bondit dans tous les sens, y compris à
l'envers, et effectue des vols planés digne de Superman pour
embrocher ses adversaires, évidemment 100 fois plus nombreux.
Blessé, dégoulinant de peinture rouge, Wang Yu finit par extraire
ses intestins (du tissus enroulés!) et se tranche les yeux pour
ne pas être reconnu de ses ennemis et mettre ses proches en
danger.
Monument d'outrances kitsch, ce final rompt
résolument avec l'heure et demie précédente mais permet, il
faut l'avouer, au spectateur de se réveiller un peu. Dommage
que les câbles et autres trempolines ne soient pas très bien
utilisés et que les chorégraphies soient aussi approximatives
mais THE ASSASSIN, au final, offre un divertissement correct,
quoique très dâté et fort lent. Sans plus!
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