ASOKA

Titre: Asoka
ou:  
Réalisateur: Santish Sivan
Interprètes: Shah Rukh Khan

 

Kareena Kapoor
Danny Denzongpa
Rahul Dev
Gerson de Cunha
 

 

Année: 2001
Genre: Film historique / Aventure / Romance / Drame
Pays: Inde
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

65%

Résumé:

La vie romancée de l'empereur Asoka, ayant régné au troisième siècle avant J-C.

Critique:

Grosse production bollywoodienne, ASOKA bénéficie d'une solide réputation mais s'avère, finalement, un peu décevant. Non que l'œuvre soit mauvaise, au contraire, mais - simplement - on pouvait s'attendre à davantage de souffle épique. L'intrigue s'appuie sur une reconstitution romancée de la vie d'Asoka, un empereur ayant régné au troisième siècle avant JC. Nous suivons donc les débuts de son règne, sa montée en puissance et sa perte progressive de toutes valeurs au profit d'une soif de destructions sanguinaires.

ASOKA dure près de trois heures et, fatalement, l'ensemble parait souffrir de l'une ou l'autre longueurs, même si le cinéaste parvient à développer son intrigue de manière plutôt efficace. La très belle photographie assure évidemment une large part du spectacle et cette qualité lui confère cet aspect grandiose recherché. Autre point largement positif: l'interprétation de Shahrukh Khan, un acteur véritablement talentueux qui passe d'un registre à l'autre sans se départir d'une prestance carrément - c'est le cas de le dire! - impériale. De personnage plutôt sympathique il évolue au cours de métrage vers un être immonde, mégalomane et cinglé, proche du CALIGULA de Malcolm McDowell, ne reprenant ses esprits qu'aux cours des dernières minutes, avant sa conversion au bouddhisme. Sa partenaire, Karisma Kapoor, est une véritable beauté typique du cinéma hindi et elle se montre très à l'aise, que ce soit dans le drame, la romance ou la danse.

Concernant ce dernier point, parfois litigieux pour les non-familiers, et bien le programme est respecté: qui dit Bollywood dit évidemment "numéros" chantés et dansés, ici au nombre de cinq. Seulement dirons certains, c'est déjà de trop penseront les autres (comme les Américains qui ont préférés coupés ces passages), pourtant ces séquences "obligées" sont bien intégrées au film et bénéficient d'un bon rythme avec des effets clips ou "pub" parfois gratuits mais qui leur confèrent un authentique enthousiasme. Même si les chansons - quoique bonnes - ne sont pas exceptionnelles, ces séquences sont donc très agréables à suivre.

Au niveau de l'humour, l'ensemble est plus discutable. Quelques gags font mouches ( dont une certaine stratégie secrète à découvrir à l'image), d'autres passent à côté de leur cible mais disons que le spectateur sourit souvent et que ces tentatives humoristiques, plutôt bien amenées, parviennent à dédramatiser la relative violence de cet ASOKA.

Pour les combats, malheureusement, l'enthousiasme sera quelque peu tempéré. Si le finale nous offre une bataille dantesque pour laquelle le cinéaste n'a pas lésiné sur les figurants, les affrontements - finalement peu nombreux - disséminés au cours du métrages paraissent souvent un peu décevants, voire brouillons. Comme ils sont présents pour servir le film (et non comme argument principal), ce n'est pas véritablement dramatique mais on eut néanmoins aimé un peu plus d'énergie.

A la fois divertissement spectaculaire et réflexion bien pensée, ASOKA n'est pas exempt de défauts mais constitue cependant une œuvre forte et intéressante qui mérite à coup sûr une vision.