ARHATS IN FURY

Titre: Ba bai luo han
ou:  
Réalisateur: Sing-lo Wang
Interprètes: Hongping Gao

 

Zhenling Liu
 
 
 
 
 
Année: 1985
Genre: Film historique / Kung Fu / Drame
Pays: Chine / Hong Kong
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

55%

Résumé:

Zhi Xing, un moine coupable de désobéissance envers ses supérieurs du Temple de Shaolin, est envoyé en pèlerinage afin de se purifier. Il tombe un jour sur des villageois attaqués par les féroces envahisseurs Jins. Zhi prend la défense de ces gens, retourne au Temple, où son initiative ne plait guère et, après avoir quitté les moines, le jeune homme décide de mener la révolte contre les Jins. Une fois de plus, Shaolin va devoir se défendre…

Critique:

ARHATS IN FURY est un film d'époque à gros budget produit en Chine Populaire et, forcément, nous sommes loin des kung-fu indépendant consacrés au temple de Shaolin. Ici, l'aspect historique prédomine et l'intrigue se veut avant tout dramatique. Les prouesses martiales, impressionnantes, servent donc à nourrir l'histoire plutôt qu'à la phagocyter. Mais est-ce vraiment une réussite? Pas vraiment, surtout si on compare ce métrage pesant à la trilogie Shaolin avec Jet Li.

ARHATS IN FURY témoigne de son origine chinoise de part sa lourdeur et son côté théâtral, les longues palabres entre les différents protagonistes se révélant rapidement ennuyeuse, d'autant que le côté propagande communiste est assez prononcé. L'opposition des moines Shaolins et des envahisseurs Jins nous donne surtout un titre longuet et peu passionnant. Les rares moines décidés à résister devant la barbarie sont punis et le spectateur assiste, impuissant, aux punitions infligées par les tyrans du monastères, pourtant adeptes de la non-violence. Bref une vision partiale de Shaolin qui se situe à l'opposé de ce que le cinéma martial a coutume de nous proposer. Cela n'est pas dénué d'intérêt mais la pesanteur avec laquelle la démonstration est énoncée décourage rapidement. L'aspect politique sous-jacent (mais rapidement évident) est donc que la religion est totalement mauvaise et ne sert qu'à asseoir la domination de la classe dirigeante sur les masses laborieuses, dans une vision directement héritée de Mao.

L'intrigue de ARHATS IN FURY avance donc assez classiquement et ce sont surtout les paysages et la figuration nombreuse qui retiennent l'attention. Tout n'est d'ailleurs pas très clair dans les sous intrigues qui émaillent le métrage et, si la ligne générale du scénario s'avère simple, certaines connexions sont difficilement compréhensibles, voire parfois incongrues ou hors de propos. Cette narration confuse, cumulée au manque de développement de personnages caricaturaux, n'aide pas à l'implication dans un film définitivement grevé par un rythme déficient. Les vingt premières minutes, d'un ennui et d'une lourdeur rarement atteintes dans le cinéma martial, risquent d'ailleurs de décourager nombre de spectateurs.

Le métrage n'est pas exempt de violences, comme la mort atroce d'un corbeau ou d'autres passages qui ressortent plus volontiers du gore tel qu'on le concevait à la Shaw Brothers au début des seventies. Les animaux sont d'ailleurs utilisés dans une séquence bizarre qui semble tout droit sortir des OISEAUX. Pas vraiment convaincant mais suffisamment étrange pour réveiller un spectateur un peu assoupis par les trop insipides discussions précédentes.

L'aspect martial reste sans doute le côté le plus intéressant de ce ARHATS IN FURY largement surestimé. Les combats sont peu nombreux mais toujours impressionnants, énergiques et rapides, privilégiant un certain réalisme. Les armes sont utilisées à bon escient et les affrontements où intervient une foule nombreuse rappellent des titres comme LES 13 FILS DU DRAGON D'OR. De grands moments mêmes si l'acteur principal vole la vedette au reste du cast en démontrant un savoir-faire fantastique.

En résumé, ARHATS IN FURY est loin de s'élever à la hauteur d'une réputation enviable. Le premier tiers est carrément soporifique et les considérations politiques douteuses qui émaillent le récit sont assez difficiles à accepter. La qualité des combats et les hautes "production values" (costumes, décors, figurants) en font néanmoins un divertissement acceptable, quoiqu'à prendre avec des pincettes.