ANIKI - MON FRERE

Titre: Brother
ou: Aniki
Réalisateur: Takeshi Beat Kitano
Interprètes: Takeshi Beat Kitano

 

Susumu Terajima
Omar Epps
Ren Osugi
Kurodo Maki
Pat Morita Noriyuki
Année: 2002
Genre: Yakuza Eiga
Pays: Japon
Editeur Nordisk
Violence: * * * *
Erotisme: * *
Suite:  

75%

Résumé:

Un yakuza partit aux Etats Unis gravit les échelons de la pègre et

 

Critique:

Un pur Yakuza eiga part un Kitano partit aux Etats-Unis. Le bonhomme débarque à Los Angeles comme un martien et commence une entreprise de conquête en compagnie d'une bande de petites frappes. Même si le sujet n'est pas neuf (mais alors là pas du tout!) Kitano réussit à rendre intéressante, voire passionnante cette odyssée. Un personnage mélancolique, des séquences intimistes, d'autres récurrentes dans l'oeuvre du bonhomme (les gangsters qui jouent sur une plage comme des gosses), les traditions qui perdent pied face à la modernité...

Le cinéaste reprend des éléments bien connus mais parvient à en tirer un métrage original et intéressant, parfois traversé de touches humoristiques et ponctué d'explosions de violence bien saignantes. Guerre des gangs, choc des sociétés, difficultés linguistiques mais aussi similitudes et repères immuables pour un gangster un peu déphasé: les bandes rivales s'entretuent aux Etats-Unis comme au Japon.

Aniki s'inspire aussi d'une certaine conception du film noir, des sagas mafieuses américaines, des western parfois, pour les plier aux codes du thriller yakuza avec ses règlements de compte et ses hara-kiri sanguinolents. Les rapports entre Kitano et Omar Epps, ayant assez mal débutés, vont lentement évoluer vers un final nettement plus émouvant. Au final, le réalisateur prend même le contre-pied des films style "Parrain" en prolongeant son métrage au-delà d'un massacre final, refusant le côté noble et presque "exemplaire" (dans le sens d'exemple à suivre) de ces gangsters.

Petit problème: le rythme est assez bizarre, passant de moments fort contemplatifs à d'autres très énervé. Il est souvent difficile de se repérer dans un montage plutôt chaotique qui privilégie les ellipses avant de déboucher sur des gros "coups de poings" de violence brute.

Avec ces plans un peu tordus, sa manière particulière de filmer et sa constante dans la thématique, Kitano va finir par tourner en rond et irriter ses détracteurs. Ce ne sera toutefois pas encore pour cette fois car le produit fini vaut vraiment le détour, malgrè ces nombreux défauts.

Le DVD Nordisk comprend le film dans une belle version en anglais ou français 5.1. avec sous-titres français (et néerlandais pour les masos), des bandes annonces, un documentaire, quelques bonus divers. Un excellent rapport qualité / prix!