LE RETOUR DU TIGRE

Titre: Along comes the Tiger
ou: Fist Like Lee
Réalisateur: Wu Ma
Interprètes: Don Wong Tao

 

Tommy Lee
Doris Lung
Stephen Tung
Philip Ko
Wu Ma
 
Année: 1977
Genre: Kung Fu
Pays: Taiwan
Editeur  
Violence: * *
Erotisme: * *
Suite:  

65%

Résumé:

Critique:

Petit "classique" méconnu du old school, ALONG COMES THE TIGER bénéficie des talents conjugués de deux des plus fameux artistes martiaux taiwanais: Wong Tao et Tommy Lee. Décidé à rendre hommage à son père George Wang, second rôle de nombreux films de genre européens vus dans pas mal de Western spaghetti (dont SHANGHAI JOE), Wong Tao livre sa propre version du mélange Western / Kung Fu mais, à la différence de la plupart de ceux ayant tenté cette mixture, il ne transpose pas les arts martiaux dans l'Ouest mais préfère accomplir une démarche inverse, à savoir reprendre les codes du cinéma Western italien pour nourrir une intrigue sinon conventionnelle.

ALONG COMES THE TIGER s'inspire donc des grandes lignes du chef d'œuvre de Sergio Leone, IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST, en présentant Wong Tao comme un justicier solitaire, rendu muet par la vision traumatisante de la pendaison de son père par le méchant local. Les ambitions élevées de Wong Tao ne peuvent malheureusement que souffrir des limitations d'un budget restreint qui donne au métrage un côté fauché typique de nombreux kung fu taiwanais de la même époque. Le scénario n'est pas non plus fort passionnant, se contentant d'offrir une traditionnelle histoire de vengeance qui emprunte l'un ou l'autres éléments à Leone pour se donner bonne figure.

On peut même parfois penser à BABY CART pour la relation qu'entretien le tueur muet et le jeune garçon qui l'accompagne mais sans que l'on retrouve l'ambiguïté des titres nippons précités. Ici, la naïveté domine et Wong Tao peine à élever le sujet au-delà de la simple quête vengeresse. La mise en scène, assurée par le vénérable Wu Ma, ne parvient pas vraiment, elle non plus, à dynamiser un ensemble assez terne.

C'est donc à Wong Tao, acteur et producteur, d'assurer le spectacle avec l'aide de Tommy Lee. Wong Tao incarne le héros Sacred Cloud, tuant sans pitié les personnes responsables de la mort de son paternel. Il trouvera finalement sur sa route le chef des méchants, un bossu sadique incarné par le ricanant Tommy Lee. Au cours du métrage, notre héros affrontera différents méchants, ainsi qu'une troupe de demoiselles danseuses possédant des éventails équipés de lames redoutables.

Wong Tao tente malgré tout de donner aux personnages une certaine épaisseur. Vu son mutisme, notre héros se voit adjoindre un jeune garçon qui représente en quelque sorte la voix de sa conscience et lui recommande de parfois faire preuve de mansuétude envers ses ennemis. La confrontation finale s'élève heureusement au-dessus du tout venant en fournissant une explication au mutisme du héros, laquelle peut sans doute paraître un peu ridicule mais s'inscrit bien dans la tradition excessive héritée du Western spaghetti.

Comme l'action reste la principale raison de regarder ce style de kung-fu, il importe de parler des scènes de combats. Celles-ci, relativement nombreuses et effectuées avec professionnalisme et énergie se succèdent donc, et en donnent au spectateur pour son argent même si un peu plus de folie et d'originalité n'aurait pas fait de mal. Avouons également que, même si les duels martiaux sont corrects, ils s'avèrent un peu décevants en regard des capacités physiques des principaux protagonistes, que l'on a connus plus éblouissants dans des métrages comme THE HOT, THE COOL AND THE VICIOUS et SECRET RIVALS.

ALONG COMES THE TIGER se voulait une œuvre ambitieuse utilisant les codes du Western pour illustrer une classique intrigue coutumière du "cinema of vengeance" qu'est le kung fu indépendant. Les limites d'un tournage court (22 jours), le manque d'implication de Wu Ma, la pauvreté des décors et le manque de développement des personnages secondaires, handicapent hélas ce projet qui, au final, n'est qu'un honnête kung-fu de plus.

Concernant le DVD, la version proposée par Rarescope est de fort bonne facture si on la compare aux éditions décevantes de la plupart des kung fu old-school. Présenté en scope, avec de bons sous-titres anglais et des pistes mandarins et anglaises (toutes deux en dolby digital stéréo, dans leurs versions originales et remixées), le métrage bénéficie en outre d'un commentaire audio de Wong Tao et Toby Russel ainsi que d'une interview de Robert Tai (que fait-elle là?) et d'une bande annonce.

Bref, un DVD soigné pour un film sympathique même si nous sommes loin d'un indispensable.