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Petit "classique" méconnu du old school, ALONG
COMES THE TIGER bénéficie des talents conjugués de deux des
plus fameux artistes martiaux taiwanais: Wong Tao et Tommy Lee.
Décidé à rendre hommage à son père George Wang, second rôle
de nombreux films de genre européens vus dans pas mal de Western
spaghetti (dont SHANGHAI JOE), Wong Tao livre sa propre version
du mélange Western / Kung Fu mais, à la différence de la plupart
de ceux ayant tenté cette mixture, il ne transpose pas les arts
martiaux dans l'Ouest mais préfère accomplir une démarche inverse,
à savoir reprendre les codes du cinéma Western italien pour
nourrir une intrigue sinon conventionnelle.
ALONG COMES THE TIGER s'inspire donc des grandes
lignes du chef d'œuvre de Sergio Leone, IL ETAIT UNE FOIS DANS
L'OUEST, en présentant Wong Tao comme un justicier solitaire,
rendu muet par la vision traumatisante de la pendaison de son
père par le méchant local. Les ambitions élevées de Wong Tao
ne peuvent malheureusement que souffrir des limitations d'un
budget restreint qui donne au métrage un côté fauché typique
de nombreux kung fu taiwanais de la même époque. Le scénario
n'est pas non plus fort passionnant, se contentant d'offrir
une traditionnelle histoire de vengeance qui emprunte l'un ou
l'autres éléments à Leone pour se donner bonne figure.
On peut même parfois penser à BABY CART pour
la relation qu'entretien le tueur muet et le jeune garçon qui
l'accompagne mais sans que l'on retrouve l'ambiguïté des titres
nippons précités. Ici, la naïveté domine et Wong Tao peine à
élever le sujet au-delà de la simple quête vengeresse. La mise
en scène, assurée par le vénérable Wu Ma, ne parvient pas vraiment,
elle non plus, à dynamiser un ensemble assez terne.
C'est donc à Wong Tao, acteur et producteur,
d'assurer le spectacle avec l'aide de Tommy Lee. Wong Tao incarne
le héros Sacred Cloud, tuant sans pitié les personnes responsables
de la mort de son paternel. Il trouvera finalement sur sa route
le chef des méchants, un bossu sadique incarné par le ricanant
Tommy Lee. Au cours du métrage, notre héros affrontera différents
méchants, ainsi qu'une troupe de demoiselles danseuses possédant
des éventails équipés de lames redoutables.
Wong Tao tente malgré tout de donner aux personnages
une certaine épaisseur. Vu son mutisme, notre héros se voit
adjoindre un jeune garçon qui représente en quelque sorte la
voix de sa conscience et lui recommande de parfois faire preuve
de mansuétude envers ses ennemis. La confrontation finale s'élève
heureusement au-dessus du tout venant en fournissant une explication
au mutisme du héros, laquelle peut sans doute paraître un peu
ridicule mais s'inscrit bien dans la tradition excessive héritée
du Western spaghetti.
Comme l'action reste la principale raison de
regarder ce style de kung-fu, il importe de parler des scènes
de combats. Celles-ci, relativement nombreuses et effectuées
avec professionnalisme et énergie se succèdent donc, et en donnent
au spectateur pour son argent même si un peu plus de folie et
d'originalité n'aurait pas fait de mal. Avouons également que,
même si les duels martiaux sont corrects, ils s'avèrent un peu
décevants en regard des capacités physiques des principaux protagonistes,
que l'on a connus plus éblouissants dans des métrages comme
THE HOT, THE COOL AND THE VICIOUS et SECRET RIVALS.
ALONG COMES THE TIGER se voulait une œuvre
ambitieuse utilisant les codes du Western pour illustrer une
classique intrigue coutumière du "cinema of vengeance" qu'est
le kung fu indépendant. Les limites d'un tournage court (22
jours), le manque d'implication de Wu Ma, la pauvreté des décors
et le manque de développement des personnages secondaires, handicapent
hélas ce projet qui, au final, n'est qu'un honnête kung-fu de
plus.
Concernant le DVD, la version proposée par
Rarescope est de fort bonne facture si on la compare aux éditions
décevantes de la plupart des kung fu old-school. Présenté en
scope, avec de bons sous-titres anglais et des pistes mandarins
et anglaises (toutes deux en dolby digital stéréo, dans leurs
versions originales et remixées), le métrage bénéficie en outre
d'un commentaire audio de Wong Tao et Toby Russel ainsi que
d'une interview de Robert Tai (que fait-elle là?) et d'une bande
annonce.
Bref, un DVD soigné pour un film sympathique
même si nous sommes loin d'un indispensable.
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