JET LI

Jet Li (ou Jet Lee) est né à Pékin le 26 avril 1963 sous le nom de Li Lianjie. Il est orphelin de père mais sa mère s'occupe beaucoup de lui. Dès ses 6 ans il débute l'étude du kung-fu et, après deux ans de pratique, il est sélectionné par l'entraîneur de l'école de Beijing, Maître Wu Bin.

Même la nuit, il descend s'entraîner dans la cour de la maison familiale et, en 1974, remporte (à onze ans!) le titre de Champion National de Wu Shu. Il va remporter le titre cinq fois en cinq ans avant de se retirer, invaincu, en 1979.

Devenu l'ambassadeur du kung-fu chinois à travers le monde, Jet Li effectue des démonstrations partout dans le monde. Richard Nixon le reçoit à la maison blanche et il lui propose de devenir son garde du corps. Mais Lianjie refuse par patriotisme. Un peu plus tard, c'est Reagan qui lui serre la main et la photo est publiée par le Times. Lianjie est alors entraîneur de l'équipe chinoise de Wu Shu et possède la maîtrise de nombreuses techniques: la boxe du singe, le drunken boxing et même celle du cheval, dite Ma Quan.

Lianjie décide de devenir acteur afin de montrer - sans effets spéciaux ni câbles - ce qu'est le véritable kung-fu. Débute alors une des productions les plus colossales de l'histoire du cinéma chinois: "Shaolin Temple". Le projet remonte à 1979 (on trouve souvent cette date comme année de réalisation) mais il faut attendre 1982 pour que le film voit véritablement le jour. Produit par la Chung Yuen, le film aurait coûté près de dix millions de US dollars, ce qui - à l'époque - est hallucinant. Entouré d'une pléiade de combattants émérite, Lianjie est la star d'une trilogie dont la qualité - fait rarissime - augmente à chaque épisode pour culminer avec l'époustouflant "Martial Arts of Shaolin", jadis découvert dans nos pays grâce à sa diffusion sur Arte.

Lianjie, devenu Jet Lee puis Jet Li, se frotte ensuite au mythe de Bruce Lee en réalisant "Born To Defence", remake du classique "Fist Of Fury" auquel certain reproche un nationalisme virulent et même un racisme anti-blanc. L'échec du film entraîne un passage à vide dans sa carrière et, après avoir tenté d'obtenir la nationalité américaine, il s'établit à Hong Kong et rencontre sa compagne Nina Li-Chi sur le tournage de "Dragon Kickboxer".

A la fin des eighties, Raymond Chow propose à Tsui Hark de réaliser une superproduction réactualisant le mythe de Wong Fei Hung: "The Master". Blessé dès le premier jour de tournage, Jet Li est largement doublé par Yuen Wah et le film est jugé à ce point raté que Tsui Hark le retire de la circulation.

Après cette collaboration avortée le prodige des arts martiaux et le génial cinéaste se retrouvent pour "Il était une fois en Chine", fresque historique dans laquelle Li incarne le véritable Wong Fei Hung, légendaire médecin et combattant chinois du XIXeme siècle. Malgré le recours irréaliste à tous les artifices de l'opéra chinois (trampolines, câbles) et cinématographies (effets spéciaux), le film est une réussite époustouflante et un immense succès public et critique. Un second épisode est immédiatement mis sur pied.

Pour dissiper les accusations de xénophobie (dans le premier film tous les occidentaux sont corrompus ou retords: prêtres, militaires, politiciens, marchands, etc.) Tsui Hark confronte son héros à une secte raciste, obscurantiste et nationaliste authentique, le Lotus Blanc, qui donne son nom à ce second volet. Chorégraphié par Yuen Woo-Ping (comme le premier mais cette fois sa participation est officialisée) et interprété par Donnie Yen et le revenant David Chiang, ce second volet est probablement le meilleur de la saga. Un troisième épisode suit, nettement plus faible, au point que Hark et Li se brouillent et mettent un terme à leur collaboration après "Swordsman 2".

Jet Li rejoint ensuite l'écurie de l'opportuniste Wong Jing pour lequel il reprend le rôle de Wong Fei Hung dans le sympathique mais très zarbi "Claws Of Steel".

Après "Kung Fu Cult Master", il tourne sous la direction de Corey Yuen et incarne des personnages historiques assimilés à des super héros invincibles: Fong Sai Yuk dans "The Legend" et "The Legend 2" et Hong Xiguan dans "The New Legend Of Shaolin" où il a pour partenaire la superbe Chingamy Yau ("Naked Killer") alors compagne de Wong Jing.

Jet Li trouve ensuite un de ses meilleurs rôles, aux cotés de Michelle Yeoh et face à Donnie Yen, dans un des derniers grands kung-fu / Wu Xia pian en costume des nineties, le très bon "Tai Chi Master" de Yuen Woo Ping, à peine gâché par des séquences de comédie cantonaises envahissantes.

Jet Li se cherche ensuite, de "Dr Wai" (remake pirate et chinois du "Magnifique" de Philippe de Broca avec Belmondo!) à "The Defender" (remake pirate et chinois du "Bodyguard" avec Kevin Costner!) en passant par "The Enforcer" (un mélange correct d'actionner, d'émotion et de psychologie) avant son chef d'oeuvre: le (énième!) remake du classique "Fist Of Fury" de Bruce Lee.

Dans "Fist Of Legend", il reprend le personnage authentique de Chen Zhen et atténue le coté caricatural et raciste de l'oeuvre originale: Jet Li a ici une fiancée japonaise et s'en prend aux militaires qui occupe la Chine, non au peuple nippon dans son ensemble. La réalisation de Gordon Chan, les chorégraphies réalistes de Yuen Woo Ping et les acteurs tous remarquables font de ce film un fleuron du genre.

Ensuite, Jet Li retrouve Tsui Hark pour le comic-book live "Black Mask" et reprend une dernière fois son personnage fétiche dans un sixième volet de la saga "Once Upon A Time In China". Puis, il émigre aux Etats Unis pour incarner Néo dans "Matrix". Evidemment le projet n'aboutit pas et le producteur Joel Silver décide, en contrepartie, de lui donner le rôle du méchant dans "L'Arme Fatale IV".

Cette réussite commerciale entraîne le projet d'un film dans lequel Jet Li sera la vedette principale: "Roméo doit mourir", médiocre slam-bang pétri de références mal digérées, d'esbroufes visuelles fumeuses et de hip-hop (avec la défunte Aaliyah dans le rôle de la demoiselle en détresse): une bonne opération commerciale mais une mauvaise série B. Comme, malheureusement, les pénibles "Baiser du Dragon", "The One" et "En Sursis".

Après un début de carrière fulgurant dans les années 80, une reconnaissance mondiale durant la première partie des nineties, le bilan récent de Jet Li est donc un désolant: à l'exception notable de "Hero" tourné en Chine Populaire, l'acteur n'a plus réussi à trouver de rôles à sa mesure depuis près de dix ans.

 

 

 

 

 

 

 
FILMOGRAPHIE